e-boga 30.03.2007
Après la parution de l'arrêté du 12 mars 2007 modifiant l'arrêté du 22 février 1990 fixant la liste des substances classées comme stupéfiants, nous avons appelé l'AFSSAPS pour en savoir un peu plus.
Notre objectif était de comprendre les différences existant entre les drogues de classe I comme la cocaïne, et celles de classe IV comme vient de l'être l'Iboga.
La responsable que nous avons eu au téléphone, nous a expliqué que la classe IV est une liste nationale. Il s'agit de substances ne figurant pas sur la liste internationale (classe I) mais dont l'usage peut faire l'objet d'une autorisation.
Le fond de l'histoire nous semble à présent plus clair.
Les spécialistes de l'iboga vous le diront : l'analyse scientifique ainsi que le tapage médiatique qui tentaient vainement de montrer le caractère addictif de l'iboga et sa toxicité neurologique (sic!) sur le....rat n'ont trompé personne : l'iboga n'est pas une substance addictive. Le Bwiti n'est pas sectaire.
Le but caché est aujourd'hui bien clair : mettre l'iboga sous un régime de contrôle afin d'en favoriser les développements commerciaux.
En d'autres termes, par cette classification, les commanditaires de cette opération atteignent deux objectifs importants :
1. ouvrir la voie à une exploitation commerciale de l'iboga et ses dérivés car l'efficacité sur l'interruption de l'addiction (drogues et alcool) et la dépression sont sans équivalent dans le monde en l'état actuel des connaissances scientifiques
2. et peut-être protèger les investissements réalisés par les firmes du secteur en obligeant les acheteurs à utiliser les circuits officiels de distribution.
Il existe une amitié de longue date entre les peuples français et gabonais. L'iboga et le Bwiti occupent une place importante dans la tradition gabonaise. Le Bwiti est une culture transversale à l'ensemble des peuples composants la Nation gabonaise.
Dans ce contexte, et en considérant les manipulations qui ont accompagné la construction de l'arrêté de l'AFSSAPS, on ne saurait faire l'économie de certaines questions. Par exemple :
1. Est ce un acte d'amitié que de dire d'un peuple allié de la France que le coeur de sa culture, le Bwiti, est sectaire et de laisser sous-entendre que ce peuple est constitué de "drogués" en raison de l'usage qu'il fait de l'iboga alors que toute les recherches scientifiques objectives prouvent que l'iboga n'a aucune propriété addictive?
2. Pour quelle raison nie-t-on l'effet interrupteur d'adddiction (drogues et d'alcool) de l'iboga et ses dérivés alors que des milliers de personnes peuvent témoigner de ses bienfaits?
Dans le même temps, les dépôts de brevets se font tant aux USA, en Europe qu'en Israël qui utilisent l'iboga ou ses dérivés comme interrupteur d'addiction des drogues et de l'alcool !!
3. Pourquoi veut-on jouer naïvement sur la "PEUR" en rappelant la nocivité de l'iboga sur le cervelet du....rat.
L'AFSSAPS ne rappelle pas, selon la rigueur intellectuelle qu'exige sa démarche, que les dites doses correspondent, si on le transposait à l'espèce humaine, à des quantités que l'on ne pourrait PHYSIQUEMENT PAS CONSOMMER!
D'après nos évaluations, ces doses représentent plusieurs dizaines de fois les doses consommées pendant l'initiation au Bwiti sans déclenchement de la régurgitation.. Ce qui est physiologiquement IMPOSSIBLE.
4. Mais SURTOUT, l'AFSSAPS évite de se rappeler que les populations autochtones du Gabon, du Cameroun et du Congo qui consomment régulièrement l'iboga à des fins religieuses - et dans des quantités beaucoup plus importantes que celles consommées lors des stages organisés en France - n'ont pas le cervelet abimé, ni aucun signe d'addiction.
Peut-être parce que l'AFSSAPS sait bien que les rats, c'est bien plus représentatif du fonctionnement physiologique de l'être humain que les populations autochtones du Gabon, du Cameroun et du Gabon.....
5. Pour quelle raison un acteur important du marché comme Boiron commercialiserait-il une gamme de produits homéopathiques (comprimés, suppositoire, teinture mère,....) à base d'iboga si cette racine avait la dangérosité qu'on lui prête aujourd'hui?
Mais le plus stupéfiant est à venir.
L'AFSSAPS nous explique que cette mesure de classement se justifie à cause de la présence de <<traces d'iboga lors des autopsies pratiquées sur des personnes décèdées certains, plusieurs jours après la consommation modérée de la plante>>.
Mais le même communiqué de l'AFSSAPS rajoute qu'en l'état actuel des connaissances scientifiques, aucun mécanisme ne permet d'établir à ce jour de lien direct entre l'iboga et les décès.
Mais si tel est le cas, pourquoi l'alcool, dont la présence lors d'autopsies est régulièrement identifiée comme cause DIRECTE de la mort de plusieurs milliers de personnes en France, n'est toujours pas interdite?
Je vous invite à juger par vous même de la crédibilité d'une telle analyse.
CONCLUSION :
Les manoeuvres tortueuses empruntées pour construire cet arrêté portent atteinte à la dignité des nombreux gabonais et français qui ont découvert le Bwiti et l'iboga et qui vivent dans le respect des lois et règlements français.
On l'a vue, cette manoeuvre est cousue de fil blanc : L'AFSSAPS, en agissant sans aucune raison scientifique de fond, bafoue l'honneur et la dignité d'un peuple allié de la France mais aussi beaucoup de ses compatriotes.
Bien évidemment, nous nous réservons l'usage des dispositifs prévus par la loi pour demander réparation du préjudice moral subit et pratiquer le Bwiti dans le strict respect des lois et règlements français.
Une marche de protestation sera organisée prochainement à une date qui vous sera communiquée ultérieurement.
A. NGUEMA
Président de l'association e-boga